
Les sources publiques examinées pour cet article ne permettent pas d'établir un total mondial exact des données stockées dans le cloud en 2026. Elles présentent des prévisions anciennes, des chiffres propres à certains services et des mesures de leur infrastructure. Ces données répondent à des questions différentes.
Une estimation utile doit préciser une date, une définition du stockage cloud et ce qui a été compté. Les données créées pendant une année, les fichiers conservés à la fin de cette année et la capacité de stockage installée sont des mesures distinctes. Les mélanger produit un chiffre impressionnant, mais peu exploitable.
Voici ce que les chiffres disponibles permettent de comprendre, pourquoi les volumes mondiaux sont difficiles à comparer et comment utiliser ces informations pour planifier votre propre stockage.
| Chiffre | Source et date | Ce qu'il décrit |
|---|---|---|
| 100 zettaoctets à l'horizon 2025 | Cybersecurity Ventures, rapport publié en 2020 | Une prévision du volume stocké dans le cloud, pas un total mesuré en 2026. |
| Plus de 500 000 milliards d'objets ; des centaines d'exaoctets | AWS, 13 mars 2026 | Des chiffres communiqués par le fournisseur pour Amazon S3 uniquement. |
| 1 360 grands centres de données hyperscale | Synergy Research Group, 7 avril 2026, pour la fin de l'année 2025 | Un nombre de sites, pas le volume de données qu'ils contiennent. |
Le premier chiffre provient du 2020 Data Attack Surface Report, financé par Arcserve. Sa définition du cloud inclut les environnements publics, privés et gouvernementaux. L'arrivée de l'année visée ne transforme pas une prévision en observation : ce rapport ne vérifie pas que le total annoncé a été atteint.
L'annonce d'anniversaire d'Amazon S3 offre un repère plus récent. Il s'agit d'une déclaration d'AWS sur un seul service de stockage objet. Un nombre d'objets ne peut pas être converti en octets sans connaître leur taille, et le total de ce service ne représente pas l'ensemble du cloud.
Le décompte de Synergy concerne les grands sites exploités par les entreprises hyperscale. Ce n'est pas un recensement de tous les lieux de stockage dans le monde. Le nombre de bâtiments renseigne sur l'infrastructure ; les octets mesurent les données.
Avant de comparer des statistiques mondiales, déterminez laquelle de ces trois quantités la source mesure.
La création de données mesure une activité pendant une période. Un système peut générer un enregistrement, le traiter puis le supprimer sans le conserver durablement. Copier un fichier existant entraîne aussi des transferts supplémentaires et peut entrer dans une mesure qui inclut la réplication.
Par exemple, le livre blanc d'IDC de novembre 2018, financé par Seagate, prévoyait une Global Datasphere annuelle de 175 zettaoctets en 2025. Cette définition comprend les données créées, capturées ou répliquées dans les centres de données, les infrastructures périphériques et les appareils terminaux. Il s'agit d'une ancienne prévision d'activité annuelle sur ces différents sites, pas d'une mesure des fichiers conservés dans le cloud.
Les données stockées sont les informations qu'un ensemble défini de systèmes conserve à un moment précis. Pour interpréter un total, il faut savoir s'il comprend les contenus uniques, les fichiers visibles par les utilisateurs, les anciennes versions, les sauvegardes ou toutes les copies physiques.
Imaginons qu'une équipe commence le mois avec 10 To, ajoute 2 To et supprime définitivement 1 To. Son jeu de données courant atteint 11 To. Ce calcul change si les fichiers supprimés restent dans un espace de récupération ou si les versions précédentes sont conservées. Les fichiers visibles et le stockage facturé peuvent alors évoluer différemment.
Un système disposant de 100 To de capacité utilisable, dont 40 To occupés, possède 60 To libres. Aucun de ces chiffres n'indique le volume de données qui a transité par le système pendant l'année.
La capacité doit elle aussi être définie. La capacité brute des disques, la capacité utilisable après les besoins de protection et le quota vendu à un client ne sont pas interchangeables. Additionner les volumes annoncés dans les abonnements ne révélerait pas la quantité de données effectivement stockée.
En unités décimales, un zettaoctet représente un milliard de téraoctets. La liste des préfixes SI du NIST définit zetta comme 10 puissance 21. Appliqué aux octets, cela donne les conversions suivantes :
| Unité | Octets | Équivalent décimal |
|---|---|---|
| Téraoctet (To) | 10¹² | 1 000 gigaoctets |
| Pétaoctet (Po) | 10¹⁵ | 1 000 téraoctets |
| Exaoctet (Eo) | 10¹⁸ | 1 000 pétaoctets |
| Zettaoctet (Zo) | 10²¹ | 1 000 exaoctets |
Gardez des unités cohérentes lorsque vous comparez des rapports. Un nombre de fichiers ou d'objets ne précise pas leur taille cumulée. Le trafic réseau mesure les données transférées, ce qui peut inclure plusieurs téléchargements du même contenu. Aucun de ces indicateurs ne remplace une mesure en octets des données conservées.
La réponse dépend du périmètre de l'étude. Un compte de stockage de fichiers personnels fait partie d'une catégorie bien plus large, qui peut comprendre les bases de données d'entreprise, les enregistrements d'applications, les bibliothèques multimédias, les sauvegardes et les archives.
Une estimation du cloud public peut couvrir les ressources fournies par les prestataires cloud. Une estimation plus large peut aussi inclure les clouds privés exploités pour une organisation. Le stockage traditionnel sur site et les fichiers conservés uniquement sur des appareils personnels peuvent rester hors de ce périmètre. Les rapports doivent préciser cette limite.
Les services peuvent aussi se recouper. Une entreprise peut proposer une application de partage de fichiers tout en hébergeant les contenus chez un autre fournisseur. Additionner les données des clients de l'application et celles de l'hébergeur comme des ensembles uniques distincts risque de compter deux fois le même contenu.
Le cloud repose sur des équipements physiques. Notre guide sur la localisation des données dans le cloud explique le lien entre un service, ses lieux de stockage et les appareils qui conservent les données.
Les systèmes de stockage peuvent conserver des copies supplémentaires pour résister aux pannes, tandis que les clients peuvent créer leurs propres sauvegardes ou copies dans une autre région. Par exemple, la réplication Amazon S3 permet de copier des objets entre des compartiments. Toute estimation doit traiter ces copies de manière cohérente.
Prenons un ensemble fictif de 1 To copié vers un second service. Il représente toujours 1 To de contenu unique, mais les deux ensembles visibles par le client occupent 2 To, avant de considérer les versions ou la protection interne des fournisseurs. Les deux chiffres répondent à des questions différentes.
La protection doit aussi répondre à un objectif. La réplication peut contribuer à la disponibilité, mais la récupération d'une ancienne version saine dépend du service et de sa configuration. Notre article sur la synchronisation et la sauvegarde cloud explique cette distinction.
Plusieurs activités peuvent augmenter les besoins de stockage. Leur contribution varie selon l'organisation : un taux de croissance mondial ne doit donc pas devenir la prévision par défaut de chaque équipe.
Ces mécanismes expliquent comment la croissance peut se produire. Ils n'établissent ni un pourcentage universel ni un rythme inévitable de croissance exponentielle. Une modification de la conservation, de la compression ou de la quantité de doublons peut changer le résultat.
La construction de centres de données est un autre indicateur indirect. Synergy a explicitement décrit la capacité hyperscale en mégawatts de charge informatique critique. Cette mesure porte sur une capacité électrique, pas sur des octets stockés. Elle ne permet pas, à elle seule, de déduire le volume du stockage cloud ou l'empreinte environnementale d'un fichier.
Pour une organisation qui choisit une offre de stockage, son historique d'utilisation est plus utile qu'une prévision mondiale. Commencez par définir le périmètre : quels comptes, applications, sauvegardes et archives sont inclus, et quelle équipe est responsable de chaque ensemble ?
Les indicateurs du fournisseur peuvent expliquer certains écarts. Amazon S3 Storage Lens distingue par exemple les octets des versions courantes, ceux des versions précédentes et les chargements partitionnés incomplets. Lisez la définition de chaque mesure avant de la comparer à la taille d'un dossier ou à une facture.
Pour un exemple simple, supposons que votre volume conservé soit de 10 To et qu'il augmente de 0,5 To net par mois. À rythme constant, il atteindrait 16 To après douze mois. Cette hypothèse doit être réexaminée, en tenant compte séparément d'une migration prévue ou d'un changement de conservation. Elle ne justifie pas l'application d'une prévision mondiale à votre budget.
Notre guide pour vérifier l'utilisation du stockage cloud traite des mesures individuelles et par compte. En parallèle, examinez la sécurité du stockage cloud : qui peut accéder aux données, comment fonctionne le partage et comment les récupérer.
Un pourcentage n'a de sens que si son numérateur et son dénominateur utilisent des définitions compatibles. Une enquête sur les données d'entreprise ne permet pas d'établir la part de toutes les données personnelles, professionnelles, gouvernementales et des appareils dans le monde. Vérifiez la population étudiée, la date et le traitement des copies avant de citer un chiffre.
Les services cloud dépendent de ressources physiques limitées, même si leurs clients peuvent demander davantage de capacité sans acheter de matériel. Les fournisseurs doivent étendre ou remplacer leurs équipements pour répondre à la demande. Pour un compte individuel, les contraintes immédiates sont l'offre, les quotas, le budget et les limites du service. Vérifiez-les auprès du fournisseur au lieu de supposer que le stockage est illimité.
Le volume détenu par un fournisseur ne dit pas si son service répond à vos besoins. Comparez les contrôles d'accès, les options de récupération, les appareils compatibles, les performances de transfert, la localisation des données et le coût total. Un grand chiffre mondial apporte du contexte ; le fonctionnement documenté du service et vos propres tests doivent guider votre décision.
Recherchez la source originale, la date de publication, la période mesurée, l'unité, le périmètre et la méthode. Déterminez s'il s'agit d'une observation, d'une estimation ou d'une prévision. Sans ces précisions, ne présentez pas le chiffre comme un total actuel exact.
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